vendredi 16 octobre 2009

« Aaaaaaaaaah ! :-) du RIIIIIIIIIIIIIIIIIIZ ! »

Louis devant un rayon de colorants et autres ustensiles de cuisine chimique...pour riz?



Nous nous devions d’écrire quelques lignes sur cet élément de base de notre vie ici. Peut-être même est-ce un tort de ne pas vous en avoir parlé plus tôt.
Le riz.
Du riz blanc, non salé, inodore.
Quoi qu’il arrive et quel soit le jour, vous pouvez au moins être rassuré sur un point : il y aura du RIZ. A tous les repas (petit déjeuner compris).Vue la taille du sac entreposé dans la salle de repassage (??), ce n’est pas demain la veille du jour où l’on en manquera. Que personne ne panique, donc. Vous manquerez peut-être de viande, régulièrement de lumière, certainement d’eau chaude pour la douche, mais jamais vous ne manquerez de riz.

Avant d’arriver, vous croyiez que le riz pour eux était comme le pain pour un Français. Ce n’est pas tout à fait exact. D’abord parce qu’il n’existe qu’une sorte de riz -sauf quand on lui ajoute un colorant jaune (rarissime), ou qu’on est chez des riches qui sont aussi gourmands, et il y a alors du riz « rouge » (un grain sur dix environ est rouge, dans mon souvenir). Ensuite parce qu’aucun Français ne mangerait la quantité de « pain quotidien » qui correspondrait à la celle de riz avalée en une journée par un Indonésien (que l’on parle de poids, de volume, ou de valeur nutritionnelle). Enfin parce que…les Français connaissent le riz, EUX !

Ici tout ce qui n’est pas du riz, c’est « des légumes ». Vous pouvez donc vous retrouver avec une assiette de riz, à laquelle vous ajoutez des patates, ou des spaghettis. Ce n’est PAS un problème. Prière donc de ne pas montrer de signe d’étonnement.
Une barquette-pique-nique riz et légumes (en forme de spaghettis)...

Attention ! Pour manger du riz il faut d’abord être initié à un petit rituel (facile).
Que ce soit à une réception, à un dîner post-prière-de-quartier ou à un simple repas quotidien, juste après le bénédicité (si comme nous vous mangez « globalement uniquement » chez des catholiques), vous pourrez voir se former une petite file indienneonésienne, chacun portant son assiette, sa cuillère et sa fourchette. Où se dirige ce groupe sympathique et silencieux ? Vers la petite machine à riz.
Ahhhhhhhhhhh ! la petite machine à riz ! À elle aussi il faudrait un article entier. Chaque maison possède sa (ou ses) machine(s) à riz. Cet appareil indispensable ressemble à une friteuse en plastique, de couleur rose fade pour les plus courantes. Sur le dessus, vous trouverez facilement une espèce de louche plate (blanche ou rose, elle aussi). Pour ne pas risquer une confusion, rassurez-vous encore : cette « louche » est la même dans toutes les maisons. Il faut préciser que certaines maisons (plus riches ? plus organisées ?) laissent reposer cette « louche » sur un « porte-« louche » », en plastique lui aussi, et toujours du même rose pâle.

Prenez un maximum de riz si vous ne voulez pas que les autres convives zieutent votre assiette et se répandent en remarques sous-entendant que vous ne tarderez pas à subir une malaria sévère. Néanmoins, il est bien vu que les filles se servent un peu moins que les garçons. D’autre part, cette quantité est à ajuster avec les « légumes » que vous ajouterez plus loin. Si vous avez eu la chance de voir la tête des légumes, et que vous savez déjà que ce rouge-là est du piment ou que ces petits légumes qui ressemblent fort à des cornichons sont d’une amertume jusqu’alors inégalée, nous ne pouvons que vous conseiller de reprendre une « louche » de riz. Elle vous sera utile pour éteindre l’incendie, l’eau n’étant alors d’aucun secours.
Retournez ensuite à votre place, et servez-vous un peu comme vous voulez (les gens vous surveillent moins, c’est quand même bien moins important) de « légumes », essentiellement des feuilles bouillies. Ajoutez éventuellement une queue de poisson…ou une tête (dont les yeux, délicatement détachés, seront à déguster séparément pour en apprécier toute la saveur), un demi-pilon de poulet …ou un bout de carcasse.


Il se peut que votre repas soit essentiellement composé de riz, puisque ce soir vous aurez pour « légumes » des petites feuilles de bananier formant un emballage soigné. Ouvrez-les et vous croyez voir du riz. En réalité il s’agit de pâté (…de riz). A ceci ajoutez donc quelques krupuk (à base de riz). NDLR : Les fameux « beignets de crevettes de tous nos « chinois » sont un bon exemple de la classe « krupuk ».

Notre première déception concernant le riz, et le début du début d'un certain ras-le-bol-de-riz eut lieu lors de notre premier pique-nique. Comment peut-on pique-niquer sans saucisson, sans rillettes, sans chips, sas baguette, sans compote-à-boire ni tomate qui dégouline???? Ici pique-nique=...?
riz!
dommage...enfin on peut tout de même s'extasier de pouvoir manger chaud, du poisson, des légumes et tout comme d'habitude grâce à la petite pile de casseroles retenues en immeuble à étages grâce à un pti truc en ferraille.

Un autre petit conseil aux voyageurs qui s'aventureront jusqu'à un restaurant de Manokwari...et qui veulent manger des frites.
Il y a bien trois où quatre endroits (en comptant "LesPtisLoulous' Home Restaurant" :-) ) où vous pourrez trouver "french fries" sur la carte. Attention de bien préciser : frites SANS riz, ça vous évitera de vous retrouver la table chargée d'un steak, d'un poulet grillé, de deux portions de frites...et d'une énorme passoire de riz!

LesPtisLoulous' Home restaurant

Véridique : question à 8h du matin :
L’homme Indonésien (restons neutres) : «Bonjour ! déjà mangé ? »
L’homme Blanc (idem) : « oui, merci »
HI : « mangé quoi ? »
HB : « pain, chocolat, banane, beurre, confiture »
HI : « oh làlààààààà ! il est 8 heures et il n’a pas encore mangé ! »

Deuxième exemple :
Le Frater débarque « chez nous » à l’heure où nous concoctions un petit dîner, enfin en tête à tête ce que nous attendions depuis 2 semaines… Après avoir répondu à ses « quelques » questions, au sujet de chacun des objets et mouvements dans notre cuisine (c’est quoi-ça sert à quoi-pourquoi tu fais ça-tiens ça coûte combien-faut pas faire ça-et à tu fais quoi etc.), nous ajoutons une troisième assiette. Aujourd’hui : pizza ! Pas de riz au menu, c’est la fête !
On en donne au Frater. Il a trouvé ça bon (il en a repris) et puis il est rentré chez lui "pour manger". Vous faut-il une preuve montrant les méfaits de notre mauvaise façon de se nourrir ?
Le lendemain matin, à 5h30 nous étions FATIGUES!!! Conclusion du Frater : « mangez du riz »

:-)


Un merci tout spécial à nos 2 bienfaitrices qui nous gâtent et nous permettent de rompre la monotonie de notre existence rizesque via la poste indonésienne...qui marche très bien :-)

3 commentaires:

  1. Ah la la, je me régale à chacun de vos articles si drôle et si bien écrits !
    Ici, Gayana s'étonne à chaque fois que je cuis du riz du fait que je n'ai pas de "rice cooker" est-ce le truc rose pâle dont vous parlez ?
    Quoiqu'il en soit, je compatis... Le régime tout riz, ça doit être terrible.
    Heureusement qu'à la fin de l'article, je vois de bonnes petites choses. Mention spéciale pour les french fries qui semblent très appétissantes ! Vous devez avoir beaucoup de succès !
    Enfin, ça n'est pas ça qui semble vous avoir remplumé...
    On va s'occuper de ça quand vous ferez étape à Dubaï pour le retour ;)

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  2. youhou!! vive le saucisson et le conté français!
    petit avantage sur ces menus riz:
    vous rentrerez pleins de nouvelles recettes épatantes à base de... riz!
    :)!
    je retiens donc qu'il faut peut être qu'on mange plus de riz parce qu'ici on risque d'être drôlement fatigué sans ça...

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  3. oui oui c'est bien ca : un RICE COOKER!

    mais non on n'est pas gros! ;-p

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