samedi 1 mai 2010

Très brièvement…« La religion en Papouasie »


« L’Indonésie est le premier pays musulman du monde »

« Les religions s’y côtoient en harmonie »

« Les Papous, Africains de l’Asie, sont très joyeux et dansent à la messe »

Voilà des clichés qui peuvent venir à l’esprit quand on pense « religion en Indonésie » ; c’est en tout cas ceux qu’on nous avait servis avant notre arrivée.

Nous sommes loin d’avoir fait le tour de la question, et notre point de vue est bien sûr très limité… nous connaissons notamment bien peu d’îles indonésiennes, mais voilà quelques remarques et questions qui nous viennent aujourd’hui à l’esprit quant à ce sujet, sensible s’il en est.


Un exemple de mariage mixte (Monsieur est catholique, Madame est musulmane). On en connaît plusieurs exemples…il n’empêche que c’est une grande interrogation, (un peu angoissée ?) de nos étudiants

La religion musulmane est certes très présente, les chiffres l’attestent, mais aussi les appels des muezzins cinq fois par jour, les nombreuses femmes voilées que l’on croise dans la rue, la mention « halal » sur toutes les étiquettes, les jours fériés musulmans (naissance du prophète, fin du ramadan, etc.)

D’ailleurs, ne peut-on pas également retrouver l’influence musulmane dans certaines façons de vivre et de s’exprimer ? La façon que les enfants ont de saluer, en portant la main de l’adulte à leur propre front ? Certaines expressions courantes, comme par exemple « l’avenir est entre les mains de Dieu » ? Cette façon de voir l’avenir, justement, qui, même chez les catholiques, est une chose incertaine et tellement lointaine sur laquelle on ne peut pas miser ? L’attention accordée aux hommes et le côté « macho » de certains ? …


Une église protestante. A Manokwari (SP inclus) on compte 5 paroisses catholiques…et une MULTITUDE de temples protestants, parfois petits comme celui-ci…parfois gigantesques.

En apparence et à l’échelle du village, les religions se côtoient de façon plutôt harmonieuse… mais il faut rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, que ça n’est pas le cas partout…et, qu’ici peut-être plus qu’en France, il ne faut pas toujours se fier aux apparences, si importantes à conserver pour les Asiatiques, pour savoir ce qui peut se passer.

Dans le SP7, la pose de la première pierre d’une futur « stasi » (=chapelle dépendant d’une paroisse, que le curé visite à intervalle (plus ou moins) réguliers). Nous avons ainsi assisté à la pose de plusieurs « premières pierres », avec, selon l’importance du futur bâtiment, la présence de personnalités plus ou moins en vue. Ici le « bupati » (=sorte de préfet).

D’un côté comme de l’autre, les tensions peuvent apparaître, et se cristalliser autour de vraies différences…ou de préjugés…attention donc ! C’est ce que nous ont rappelé récemment les Pères MEP. Apprenons à mieux nous connaître…et apprenons, aussi, à mieux connaître notre propre religion !

Cette année, nous n’avons pas pu beaucoup échanger avec des musulmans, si ce n’est, lors de nos cours de langues à Jogjakarta, avec une de nos professeurs qui nous avait longuement parlé de la façon dont elle vivait sa foi et avait répondu à nos questions. Des échanges passionnants, qui ont permis d’une part l’approche d’une autre religion, d’autre part…la redécouverte, par ricochet, de la beauté du christianisme…


*

La famille de Ibu Mira, avec laquelle nous avions bien discuté religion islamique et qui nous avait reçus chez elle avant notre départ pour la Papua.

Ce qui nous semble certain, c’est qu’ici en Indonésie il est essentiel d’ « avoir une religion ». Être athée ? c’est impensable !-ou en tout cas ne s’avoue pas ?...-, et la question « quelle est ta religion ? » est une question banale lorsqu’on fait connaissance.

« Elle est athée. »

« …oui. Mais quelle est sa religion ? »

« …ben…elle n’en a pas… »

« ??? » (abandon quelques minutes, l’interlocuteur est perplexe) « quelle est la religion de sa famille ? »

Sur la carte d’identité, là où nous, hommes Blancs aux yeux clairs nous détaillons la couleur de nos yeux, l’Indonésien est tenu d’indiquer sa religion, qu’il doit choisir parmi les 6 officielles : musulman, protestant, catholique, bouddhiste, hindou ou encore confucianiste depuis peu.

Si la religion musulmane est largement majoritaire à l’échelle du pays, elle l’est d’abord chez les Javanais. Sur « notre île », les chiffres indiquent : 78% de Chrétiens –à 54% protestant et 24% catholique- 21% de musulmans…et le reste se partage entre Hindous et Bouddhistes. A Bali les hindous sont plus nombreux, en pays Toraja, à Manado ou à Flores, ce sont les catholiques.

Néanmoins, nous qui vivons au cœur de la mission catholique et côtoyons essentiellement des catholiques (et beaucoup de membres du clergé), nous profitons certes des cloches de la messe mais également des nombreux appels à la prière…qui rythment désormais nos journées et nous donnent un de nos rares repères temporels…


Le diplôme pour la 1° communion remis à notre jeune ami Iann…pièce à produire par la suite pour s’inscrire à l’école catholique…

Ici avoir une religion est important, appartenir à une paroisse l’est également, et, après 9 mois en Papua, nous entendons encore (toujours un peu éberlués) l’étonnement de certains « quelle est votre paroisse ? … ah vous êtes de St Thomas d’Aquin ? cest marrant moi aussi ! pourtant on ne s’est jamais vus ! » …nous y sommes pourtant chaque dimanche et participons avec joie à la coutume des serrements de pinces, à la sortie de la messe. Ce ne serait donc pas la fidélité qui importe, mais plutôt l’intention.

La question d’un de nos bons amis « la foi des Papous vous touche-t-elle ? » nous a longuement habités…il nous est bien difficile d’y répondre. Sans doute est-ce pareil en France, mais il nous est ici très difficile de comprendre quelle foi habite nos amis ; nous ne voyons en fait que leur façon de vivre leur religion, leur piété. Il est beau de les voir souvent faire référence à Dieu. Il est triste d’entendre des Chrétiens avoir peur des démons blancs de la forêt ou du grand chien aux yeux rouges qui apparaît la nuit. Il est déstabilisant de les entendre nous conseiller d’aller voir le sorcier du village lors de la perte de notre téléphone portable « pour savoir qui est le voleur ». Ici beaucoup vivent dans la peur. A Toraja il était frappant de voir avec quelle facilité apparente les Chrétiens combinaient liturgie et sacrifices de bœufs « pour le transport de l’âme des morts dans le paradis auquel ils ont droit ».


La venue du Père Noël à la maternelle des Sœurs…



Un sacrifice de « buffalo », à Toraja, pour que l’âme du mort puisse chevaucher les animaux vers le ciel qui lui est destiné (ici le mort n’était pas quelqu’un de très important, 3 buffles suffiront…ce qui signifie que l’âme s’arrêtera au 3° paradis). Tout ceci a lieu chez des catholiques…

Ce qui nous a touchés, par exemple, c’est la facilité avec laquelle « nos » étudiants priaient, les uns devant les autres, sans fausse honte, au début de tout événement ; c’est aussi leur spontanéité lorsqu’ils parlent à Dieu, lors de temps de « prière universelle non préparée ».

Une autre grande interrogation, et une de nos difficultés cette année, est celle de l’absence totale (à nos yeux) de questionnement intellectuel. A part les homélies rien n’est offert aux Chrétiens pour développer l’intelligence de la Foi : ni groupe de Bible, ni livre catholique, ni retraite ou journée de réflexion… Certes les papous ne sont pas peut-être pas des intellectuels au sens français. Mais ce sont des hommes, et ils ont une raison et savent s’en servir.


La journée de « rekoleksi » annuelle pour le clergé de Manokwari. C’était pour nous (invités !!!!! :- ) ) l’occasion de découvrir Senopi… nous sommes tout de même restés un peu surpris : durant ce temps particulier, aucun moment n’a été pris pour une conférence, une prière ou un partage d’expérience…

Ce qui nous a frappés à la messe ?

En fait on n’y danse pas tellement plus qu’en France…-dommage ! :-) -, et les cantiques y sont plutôt plus lents (voire extrêmement beaucoup plus lents). Il y a une grande unité dans les attitudes et dans les gestes. Les enfants courent partout…mais sont très touchants lorsqu’ils accourent près du prêtre, après la communion, pour se faire bénir. Quelques différences dans la liturgie seraient également à noter.

D’ailleurs des messes sont organisées dès qu’un événement a lieu dans une famille catholique : le père fête son anniversaire ? la famille s’installe dans une nouvelle maison ? le bébé fête ses 35 jours ? …un programme invariable : messe à la maison suivie d’un repas avec les amis

Lors de l’anniversaire de l’asrama Villanova. Messe puis repas

Un autre point frappant pour nous Européens est l’importance de la personne du prêtre. Ici devenir prêtre peut être vu comme une véritable ascension sociale et on ne peut qu’admirer leur respect de la personne du prêtre et les services que la communauté lui rend. Les questions de vocation ne sont donc, de ce fait, pas exactement les mêmes que chez nous.

Une des conférences du lundi soir, à Villanova ; le Frater vient nous parler du séminaire où il étudie (à Java). Très intéressantes, ses explications ont beaucoup plu…les deux Français, sans doute habitués à un autre discours, sont restés étonnés que ni le thème de la vocation, ni celui de la vie de prière ou du cheminement spirituel ne soient abordés. En revanche, nous avons largement parlé de l’organisation des journées, du nombre d’années d’études et du sérieux avec lequel il faut les suivre.

De même, l’organisation de la communauté de fidèles est très intéressante et admirable. Evidemment (nous sommes en Indonésie !) tout est très structuré et extrêmement hiérarchisé (c’est sans doute ce qui a déstabilisé cette année : ces deux volontaires français ne sont sur aucun organigramme…).

Avant les grandes fêtes (Noël, Pâques…mais aussi journée nationale) les églises sont magnifiquement décorées, les chorales répètent chaque jour ou presque pendant plusieurs semaines…


St Augustin le 24 décembre - des heures de décoration fort sympathiques pour l'un des groupes de la paroisse (organisée en 5 ou 6 groupes, tous les paroissiens sont enregistrés dans l'un d'eux et ils se retrouvent chaque semaine pour prier ensemble chez l'un d'entre eux)

Des fêtes (qui peuvent durer plusieurs semaines) sont organisées à l’occasion des grands événements de la paroisse. Nous avons par exemple assisté à des concours sur la Bible pour catholiques de tous âges lors de l’anniversaire du diocèse, ou, comme ici, d’une journée pour les enfants de Manokwari et ses environs, à l’occasion de Noël. Des moments très sympathiques !


Ici, peu après Noël, concours de danses entre les différentes paroisses de Manokwari – les enfants de St Augustin sont en piste, sur « Jingle Bell » !



Concours de « lecture de la première lecture » pour les adolescents pour fêter les 50 ans du diocèse


Sorte de « Questions pour un champion » pour les collégiens

Nous pourrions en parler des heures, essentiellement sur le mode de remarques, observations, questionnement. Si certaines réflexions peuvent paraître négatives, nous n’oublierons pas, espérons-le, ce visage de l’Eglise, jeune, très différent de celui que nous connaissions.

PS : Tout comme vous aviez trouvé un article sur notre semaine de Pâques à la suite de celui sur la retraite MEP, vous trouverez ci-dessous un article rédigé par notre ami Aubin, volontaire à Sorong que vous connaissez déjà, que nous avons trouvé fort intéressant…et tellement vrai…

Matérialisme et fatalité

La Papouasie est une île où on ne produit aucun bien manufacturé à notre connaissance. La société est essentiellement agraire et un secteur tertiaire émerge avec les besoins créés par la vie citadine. Il y a aussi un embryon de tourisme culturel dans les terres (excursion dans la jungle, rencontre avec des peuples traditionnels) et sur quelques côtes, pour la richesse sous-marine (Raja Ampat et Biak). Comme nous l’avons déjà écrit plusieurs fois, les richesses naturelles sont considérables et proviennent essentiellement de l’exploitation du bois, des minerais, du pétrole et du gaz.

A l’extérieur des villes, les maisons sont en bois et les toits, en palmes. En ville, on construit avec du ciment et des briques en terre cuite. Les citernes à eau, les conduites en PVC, les toits en tôles, les câbles électriques, les vêtements, les téléphones portables, les voitures, sont tous importés de Java ou des Moluques. Malgré les prix relativement élevés de certains téléphones Blackberry ou ersatz (jusqu’à plusieurs mois de salaire), l’immense majorité de la population, située dans les zones où il y a du réseau, est équipée d’un portable qui sert de lecteur de musique, d’appareil photo, d’accès à internet, d’outil de chat et de téléphone.



Sur le campus, maison d’une élève, Léni, équipée de la parabole

En cours d’économie, quand je leur ai appris que les premières télévisions étaient une grosse caisse en bois, qu’il y avait quelques chaines disponibles et que l’écran était en noir et blanc, et bien… ils se sont bien moqués de moi. Les premiers appareils photos : des petites caisses en bois montés sur des roulettes ? les premiers téléphones : de petites valises portatives ? pas possible ! Je les ai fait rire jusqu’à la fin du cours. Chez eux, la télévision est arrivée presque avec un écran plat, avec le câble et ses 200 chaines ; les portables sont des petits bijoux de technologie ! Ils ne se posent pas la question du « pourquoi ? ».
Les bananes poussent toutes seules alors pourquoi pas les portables ?
Nos indonésiens sont complètement détachés de la propriété privée (« je trouve, je me sers ») et ils sont détachés des biens matériels. J’ai besoin d’une échelle, je la prends où qu’elle soit, je m’en sers et la laisse sur place. J’ai soif, je prends une bouteille, je bois et la laisse tomber par terre. J’ai besoin d’attraper quelque chose ? Je monte sur la tuyauterie, je la casse car elle ne peut, bien entendu, pas supporter mon poids, je retombe, je vais chercher une chaise, j’attrape ce que je veux, et je laisse la tuyauterie fuyante et la chaise sur place. J’ai besoin de faire la vaisselle : je vais au robinet, je l’ouvre (je viens de casser la tuyauterie il n’y a donc plus d’eau à l’extrémité du tuyau), je le laisse ouvert, je vais chercher un sceau, et je vais prendre de l’eau à un autre robinet.
Ce détachement de tout, qu’en France, on nomme nonchalance ou « je m’en foutisme », concerne les objets et parfois même les hommes. Hier à la nuit tombée, j’ai croisé une voiture de police emportant une moto abimée du campus. La route nouvellement asphaltée est particulièrement dangereuse à cet endroit car il n’y a pas d’éclairage, c’est un virage à 90° au bout d’une ligne droite de 3 km, et il y a très souvent du sable car une piste en terre débouche exactement dans ce tournant. Une quarantaine d’élèves sont sur les lieux et j’apprends que c’est un élève de chez nous qui est tombé. Nous sommes exactement dans la situation des accidents en chaîne : toujours pas d’éclairage, des élèves un peu partout sur la route et les voitures et les motos qui continuent d’arriver à toute vitesse et parfois sans phare. Les informations que je récolte sont confuses et il n’y a personne du staff qui est présent sur place. Je rentre en courant les prévenir : pas de chance, l’accident se produit au même moment qu’un match de foot de la ligue indonésienne et mon interruption un peu affolée, n’a fait lever que quelques têtes de la télévision pendant une seconde ou deux. L’un des téléspectateurs me confirme que c’est bien un élève de chez nous, car Piterson (c’est son nom) a emprunté la moto il y a 20 minutes. Je les informe du danger de laisser 40 élèves sur la route à cet endroit pour commenter l’accident. Une tête se retourne pour me demander s’ils sont nombreux dehors. Je réponds, oui, ils sont une quarantaine. « C’est beaucoup », me répond-il avant de replonger dans le match. Un peu plus tard, ils sont allés récupérer la moto à la police et l’élève s’est fait recoudre à l’école, au genou et à la main. D’autres personnes du staff, si elles avaient été présentes, auraient sans doute mieux réagi, et avec plus de sens des responsabilités. Mais, il y a une part de fatalité très présente dans l’intellect indonésien. « C’est cassé, c’est cassé. Tu tombes, ce n’est pas de chance. » Il n’y a pas de raison de s’affoler ou de bousculer son quotidien.

Tiré de Newsletter 11 avril 2010 – Aubin et Amélie Leduc - en direct de Sorong

vendredi 23 avril 2010

Semaine de retraite en dix points précis. Attention à la recette.

UN Père, spécialiste de Bible, venu spécialement pour nous de Paris (et qui, au jour de parution de cet article, n’a toujours pas réussi à rejoindre la capitale…because volcan islandais…et dire que d’aucuns ont peur et des « avions » et des « volcans » indonésiens…) Le Père Jean-François a su nous passionner en parlant de différents thèmes, avec toujours beaucoup de références et nous laisser pour nos heures de silence méditatif sur des questions, telles « qui est Dieu pour vous ? », « Où en êtes vous sur tel point? »…
le Père Jean-François en ces oeuvres

DEUX jeunes Pères, Jean-François, rencontré l’an dernier à Jogjakarta et Emmanuel d’Anjou, croisé à Paris, qu’on retrouve avec beaucoup de plaisir, pour des échanges de plusieurs heures.
Mais non, Paul ne veut pas battre Jean-François, il lui fait sentir un bâton de cannelle!

Paul, Jo et Vincent, TROIS Pères MEP « Français devenus Indonésiens » il y a plus de trente ans…des récits incroyables et beaucoup d’écoute attentive et très respectueuse.
Mais puisqu'on vous dit qu'il ne lui veut aucun mal! (oui oui, il s'agit bien d'un poignard)

Une installation QUATRE étoiles (carrelage dans la salle de bain, beurre au petit déjeuner, linge lavé et repassé dans la matinée, briochettes à toute heure du jour etc. etc. etc.) où une armée de Sœurs et de « petites mains » ne savent plus quoi inventer pour nous faire plaisir

CINQ journées bien pleines : repas-prière-enseignement-silence-repas -échange-repas-réflexion-prière-repas-prière-enseignement-repas… (j’oublie la sieste…) Les temps de prière et la messe furent particulièrement apprécié, puisqu’en français, tout le monde pris le temps de bien chanter, de bien se faire comprendre, de bien préparer les offices et (miracle en Indonésie ! :-) ) nous eûmes des temps de silence !!!!!

SIX jeunes volontaires Français perdus depuis plusieurs mois en Indonésie, qui ont soif de…PARLER. Grégoire et Gaël, en charge d’un foyer d’une cinquantaine de garçons à Tanjung Pinang (sud de Singapour), Nicolas, professeur d’informatique et de culture à Batam (sud de Singapour) et Yolande, professeur de Français à l’université, responsable local d’un partenariat avec Montpellier, animatrice d’un groupes de jeunes protecteur de la mangrove indonésienne, le tout à Bandar Lampung (Sumatra sud)

Grégoire en L3000, un Toyota fantastique : pas besoin de payer l'entrée du Parc Astérix...

SEPT moments de ravitaillement par jour (gargarismes, apéritifs, goûter, déjeuner…)
En réponse à une demande de Gaël (le chouchou), les sœurs nous offriront de VRAIS frites !!...
Il faut boire beaucoup, parce qu'on transpire beaucoup!

HUIT demi-frites par personne, ce ne sera pas non plus l’indigestion (il ne s’agit tout de même que d’un « légume » accompagnant le riz)

NEUF tablettes de chocolat, apportées par Jean-François…mais qu’il réserve à d’ « autres amis »…INTERDIT donc de s’en régaler. ;-/

DIX saucissons, dont nous profiterons largement. Vive Justin Bridou !


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*FLASH INFO*
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Avion Merpati - photo prise à Manokwari le 11 avril

2 jours plus tard le même avion apparaît en photo dans le journal du Lampung.
Il est alors en trois morceaux, sorti de piste à Manokwari... ça fait un peu bizarre
"Même pas peur!"

Et puis l'aéroport du Lampung n'est pas tellement plus grand que celui de Manokwari, alors...
(alors quoi???)

Semaine entre amis

En fait, c’était un peu la vie habituelle…mise à part que nous n’étions plus deux…mais six ! Vendredi Saint, Thérèse et Etienne, nos « potes de Manado »,
Les Manadonais ont plu à nos étudiants

Les discussions allaient bon train

Emmanuel, vieil ami de collège qui avait entraîné dans l’expédition May, de Hong-Kong nous ont rejoints pour huit jours.
Emmanuel s'essaie à la moto

Nous leur avions concocté un petit programme alliant mission, repos, offices de Pâques, découverte de la Papua… pour essayer de leur « faire faire des trucs » (des Français restent Français)…mais cette fois-ci, nous n’avions pas oublié que nous restions en Indonésie, même à six Boulè…alors, forcément, le programme changeait chaque jour… et souvent plusieurs fois par jour. Il pleut ? les enfants débarquent ? un cours est annulé ? un prêtre nous propose sa voiture ? un rendez-vous est re-re-re-re-décalé ? …Conséquence : nous AVONS fait « plein de trucs », mais pas du tout ce qui était prévu… héhé…

Nous retiendrons de nos invités et de ces quelques jours de joie :
L’énooooooorme sac de cadeaux pour les enfants, apporté par Emmanuel et May
Etienne et Thérèse avaient aussi apporté un Jungle speed...

Le flegme de nos Hong-Kongais quand le cours d’anglais aux jeunes du personnel d’un hôtel se décale pour la quatrième fois en 24 heures
May enseigne l'anglais à nos "enfants du village"

Le repas de Pâques, concocté grâce aux petits délices apportés par les uns les autres (Foie gras des Manadonais, poulet aux petits légumes de Louis, fromage d’Emmanuel et dessert au chocolat golvinien…grâce aux biscuits apportés par nos parents en février… : -) )
Ici au restaurant avec Romo Eko qui nous à fait faire le tour des SP.

Le dynamisme de Thérèse qui demanda une chasse aux œufs, projetta de relooker l’asrama et discuta-papota-parla-bavarda des heures avec Golvine, (((((trop heureuse)))))
"J'en ai trouvé plein!!!"

La gentillesse d’Etienne, qui se mit aux ordres de Louis pour tous les travaux moins drôles : béton, transport de graviers, travail au jardin…
Etienne aide un peu les enfants qui n'ont pas l'habitude de la course aux oeufs et peinent à trouver.

Les prières tous ensemble, plus une avec les étudiants très heureux de faire tant de rencontre ! Nos amis leur ont offert des conférences qui les ont passionnés : « l’amour et le mariage » et « Hong-Kong » (en anglais, s’il vous plaît !)
La mise à notre disposition d’une voiture, avec chauffeur et guide, l’après-midi de Pâques…un voisin qui nous a trouvé sympathique…il nous emmena visiter tous les lieux (hautement) touristiques de Manokwari. Merci Bapak Sylvester !


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*FLASH INFO*
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Notre premier Bougainvillier qui réussi (à partir d'une branche planté en terre)

mercredi 31 mars 2010

REKOLEKSI

Voilà plusieurs semaines que nous en parlions. Peu à peu au fait des coutumes indonésiennes, nous avions même remis aux étudiants des invitations (nous n’avions pas pu nous empêcher d’ajouter un coupon-réponse… :-/…) et soumis aux différents Pères et Sœurs un programme écrit et détaillé leur faisant notre proposition : une retraite d’une journée, le samedi avant les Rameaux, pour les étudiants. Toutes les autorisations étaient obtenues, et ce par ordre hiérarchique ! Le thème était repris d’une conférence qui avait bien plu : « étude, discipline, prière » qui était devenu un peu la devise du foyer. Le séminariste Marcel devait les détendre par des petits jeux comme il sait les organiser. Le nouvel aumônier des étudiants devait leur parler de la discipline puis leur proposer des confessions. Les deux Curés, malheureusement encore en froid, étaient cordialement invités.

Vendredi matin, on apprend coup sur coup, et comme par hasard…que l’aumônier était envoyé par notre Curé dans la jungle pour la semaine pascale et qu’il partait le matin-même de la retraite…que le Frater était envoyé dans une « autre » jungle…qu’un des deux curés ne viendrait pas, il est occupé...que la réception d’un mariage était prévue dans notre foyer le samedi en question (id… « demain ! »)…

[NDLR : Mais quand nous aideront-ils ??]

(…)

Nous avons donc décalé la date de la retraite et changé les intervenants.

Nous étions re-prêts.

OUF !

(loi n°1 : ne jamais être trop prêt, en Indonésie)

A la fête du dimanche des Rameaux est donc venue s’ajouter celle d’une récollection pour les étudiants. Ou d’une petite « ret-ret », comme ils disent ici.

En fait tout a commencé samedi, lors d’une après-midi sur la plage, entre garçons. Plutôt sympa la ret-ret !

Pendant ce temps, « Madame », comme ils l’appellent, préparait le dîner du lendemain, sur le kampor à pétrole et dans la machine à riz (utilisable dans plusieurs autres recettes bien françaises…)

Les choses sérieuses ont démarré dimanche matin…à l’aube car le challenge était le suivant : aller chercher les étudiants chez eux, les ramener chez nous, leur offrir le petit déjeuner…

Petit déjeuner des retardataires, arrivés en moto.

…tout cela avant la messe de 8h.

Pari tenu, puisque si la messe n’avait pas commencé une fois de plus en avance (vous en parlerez à Louis à son retour), nous aurions été à l’heure. En fait, nous étions à l’heure. Enfin, bref.

Nous avons été très touchés par la célébration des Rameaux, qui démarre par une longue procession avec de vrais rameaux cueillis sur les bords du chemin et qui se poursuit dans une église parée de rouge pleine à craquer (mais des tentes sont prévues sur les côtés).

Procession des Rameaux

La traditionnelle bénédiction des enfants après la communion. Des enfants accourent vers le prêtre, de partout dans l’église, derrière viennent les mamans et leur bébé.

La lecture chantée de l’évangile, digne des dominicains du 222, nous a tout particulièrement plu (faut-il avouer que le rythme nous laissait bien le temps de nous en imprégner, ce qui n’est pas toujours le cas avec les lectures lues ici très rapidement. Etonnant d’ailleurs, car de façon générale, lorsqu’on chante, c’est HY-PER lent, mais lorsqu’on parle, c’est dur de suivre)

Bref, une belle messe !

Longue, semble-t-il.

Les étudiants ont ensuite eu besoin d’un peu de temps avant d’être capables de se rasseoir…

…et d’écouter la première conférence du jour « BELAJAR ». Le mot, qui signifie plus ou moins « apprendre » (ou « étudier », ou « l’étude », enfin tous les verbes et noms communs français explicitant cette notion), est à prendre dans son sens large. Nous avons insisté sur le fait que, si la période étudiante est certes propice à…l’étude, il s’agit néanmoins de s’ouvrir à la découverte à tout moment, et en tout lieu. Nous avons ici cité notre grand-père Rabany, qui, s’étant mis à l’ordinateur bien après son passage à l’université, nous envoie régulièrement des nouvelles par internet. Être ouvert, rester humble, être curieux et dynamique voilà certaines des qualités importantes pour être en état d’ « apprendre ».

Nous avons ensuite demandé aux étudiants de réfléchir seuls et en silence. Pas facile. Le silence, ça va, mais ils ne voyaient pas bien ce que nous entendions par « réfléchir seuls», nous ont-ils avoué le soir. Et puis un quart d’heure de partage.

Donatus réfléchit

Alex réfléchit

Après une petite collation, le Père leur a donné la deuxième conférence : « la DISCIPLINE ». Super bien, et très adapté. Ici les étudiants ne sont pas encore capables de se fixer une discipline de vie (se lever le matin, aller en cours, se préparer à manger, réviser ses cours etc). « Comme tous les étudiants du monde, répliqueront nos parents.

- .mmmmm…ouuuuuuuuuui »

Bref, vraiment bien.

Romo Harsono donne les exemples des résolutions à prendre de façon personnelle.

Puis vint le déjeuner, délicieusement préparé par les Sœurs, gentiment outrées jadis quand elles avaient lu sur notre proposition que nous avions prévu de faire cuisiner les étudiants. « A une rekoleksi, on doit rester en position de recevoir »

Suster Vitalia et Mama dans leur cuisine

Riz. Fleurs de papaye. Poisson au curry et piments. Poulet au piment et curry. Papaye (Le saviez-vous ? on mange TOUT dans un papayer)

Là il faut vous décrire notre étonnement. Pourtant nous sommes ici depuis quelques mois. Mais il faut croire que nous ne sommes pas encore habitués à leur façon de prendre un repas, ou alors encore trop plein de nos cérémonial et règles de vie français ? C’était bizarre, de les voir sortir cracher toutes les 5 minutes. De les voir se jeter sur la nourriture sans regarder combien d’amis attendaient encore. De se retrouver seule à table avec le Père à la fin du repas. De transpirer à grosses gouttes, l’estomac bien activé par toutes ces épices.

Mais en fait, c’était aussi très amusant, de réaliser une fois de plus combien nos coutumes sont différentes, alors que le fond reste le même : se nourrir, apprécier le contenu de l’assiette, et être ensemble.

La vaisselle : Daniel, Basileus et Wilhem

Le rangement des restes du mariage d’hier : Rudi et Donatus

Après le déjeuner et la vaisselle : « madame n’aide pas, il y a bien assez de garçons ici » (wahouhou !!!!), courte sieste bien appréciable. Cours de chants, où nous leur apprenons quelques nouveaux refrains de l’Emmanuel, grâce aux livrets indonésiens récupérés chez les Coursimault.

Et Sœur Barbara arrive, pour la troisième et dernière conférence sur « la PRIERE ». « Prier ce n’est pas une obligation, ce n’est pas une habitude. Il faut que ça devienne un besoin ». Et la Sœur, en partant du Signe de Croix, en passant par les attitudes qui aident à prier, en terminant par une série de questions concrètes - qu’elle dicta !- fait passer ses conseils de (grand)-mère de façon délicate et profonde.

Suster Barbara

Un temps de silence (dur dur…et impossible de ne pas avoir de portables !) et un partage en petits groupes.

Puis, hop ! hop !, Suster les envoie tous se confesser !

Le temps de feed-back a été un beau moment. Des questions variées, avec notamment, un « Madame, quelle est la différence entre les sciences et les connaissances ? » - nous étions pantois, des témoignages un peu émus « c’était la 2° fois de ma vie que j’allais me confesser », des remerciements touchants « ça y est, on a des pistes pour prier ».

Nous finissons cette journée par une prière de louange et par un dîner français.

Enfin, à l’origine, on s’était dit « français ». En fait, le plus dur c’est de leur expliquer les habitudes françaises.

Un dîner français (noter les positions assises ( !!!) des convives)

Un Français reste assis. Un Français a devant lui une assiette, une fourchette et un couteau. Un Français doit goûter de tout, mais ne pas trop en prendre, de toute façon, pour les gourmands, il y a un deuxième tour. Mais attention à ne pas trop se servir ! Il y a « la suite ».

« ? »

Deux plats ?

Plus du pain, quand on veut ?? (Ils adorent le pain français)

TROIS plats ??????? (il y avait des légumes avec l’omelette)

QUATRE plats ?!!! (nous avions fait le grand jeu en servant du fromage)

Inutile de vous décrire leurs yeux exorbités en voyant arriver les crêpes et la crème au chocolat.

« Madame, je peux sortir de table ? »

« Monsieur, mon portable sonne ? »

Impossible aussi, de leur faire comprendre que même s’ils ne se servaient pas, il fallait prendre le plat et le faire passer au voisin. La situation ô combien énervante du plat bloqué par un ami n’a cessé de se répéter pendant tout le dîner.

Donatus s’est resservi trois ou quatre fois de chaque plat « Bon pour partir en France » a décrété Pius



Daniel mangeant du pain

Enfin, on a tous bien rigolé (elles sont quand même bizarres, nos coutumes). Sauf Arnold, le chef, qui n’aimait pas les tomates. « Finalement, moi pas vouloir aller vers France » (il nous dit depuis le début de l’année qu’il viendrait squatter chez nous quelques mois…on finissait par en avoir un peu peur…)

« ah ? »

« homme français manger seulement tomate-tomate! » (la salade contenait notamment quelques tomates)

« mais noooooooooooon [NDLR : pour insister, on tient la syllabe], il n’y a pas que tomates-tomaaaaaates, et si saison froide temps trop froid, il y a beaucoooooooooooooooooooup légume-légume différent »

« mais moi pas aller vers France. Moi pas aimer tomate »

Arnold, schtroumf grognon ? :-)

Il est huit heures. Mais il fait nuit depuis plus d’une heure, et déjà les yeux se ferment. On remet ses chaussures et on remmène tout le monde au foyer.