lundi 28 décembre 2009

Noël à Manokwari


Ça va être la fête. C’est la fête. C’est la fête. C’est encore la fête.

Depuis le début de l’Avent s’entraînent les chorales de chaque « environnement » (ici chaque paroissien est intégré dans un des « environnements » de la paroisse : Saint valentin, Etoile de la Mer, Sainte Marie… et se réunissent chaque semaine pour prier ensemble. A tour de rôle, tout au long de l’année chaque « environnement » est responsable de la propreté de l’église et de l’animation de la messe. A Noël, tout le monde s’y met)

Depuis le début de l’Avent, Louis sursaute à chaque fois qu’un pétard éclate près de la moto.

Depuis le début de l’Avent, nous assistons chaque soir à des feux d’artifice, dans divers endroits de la baie.

Depuis le début de l’Avent, guirlandes, pétards, canettes de soda et sapins de Noël en plastiques sont en vente dans nos « grandes » surfaces.

Repas de fête avec les étudiants, avant qu'ils ne partent en vacances (date de retour pas encore très claire)


Une bonne semaine avant Noël, les fameuses répétitions des chorales sus-mentionnées intensifient leurs répétitions…nous sommes mis à contribution !

Les horaires des messes sont fixés. (!!!...)


Le matin du 24 décembre, tout le « peuple » (les mots entre guillemets, vous l’aurez compris, sont des traductions littérales des mots indonésiens ; notre français s’appauvrirait-il ?) est invité à installer la crèche et à décorer l’église, souvent de rubans et de ballons, sans oublier la fameuse phrase qu’on suspend devant l’autel avant chaque événement. Cette année, le thème était : « Le Seigneur est bon avec tout homme ».

On installe autour de l’église des toits de tentes et des chaises en plastiques alignées pour « agrandir » l’église.

Décoration typique des églises protestantes


Dans l’après-midi, les nombreux Pères actuellement à Manokwari partent chacun de leur côté, célébrer les messes dans les « stasi » (chapelles de brousse ou de jungle dépendants d’une paroisse).


Le 24 décembre, à 19h (officiellement…) la messe commence, cette année sur fond sonore de pluies torrentielles (du jamais vu pour nous autres Français) et interrompue par une « lampu mati » (=lampe morte) qui nous oblige à allumer les bougies plus tôt que prévu…

Danses traditionnelles indonésiennes, chants dont certaines musiques nous sont connues, clochettes à toute volée, grandes tenues de « batik » pour l’ensemble du « peuple », cadeaux pour leur Curé (gâteaux et savonnettes, mais aussi boîtes de lait concentré et biscuits secs) apportés à la cérémonie des offrandes : tout rappelle qu’aujourd’hui est jour de grande fête.

Glooooooooooooooooria ! (les tubes sont les mêmes de l'autre côté de la planète!)

Le Père Jauhari officie pour la messe "de minuit"

retour de la messe, cuisine plutôt humide...


Le 25 décembre, à 8h, on remet ça. Les paroissiens sont quand même (nettement) moins nombreux.

Puis, pendant 3 jours, les Chrétiens se visitent les uns les autres, comme les Musulmans l’avaient fait à la fin du ramadan, lors de l’Idul Fitri…Même chez nous, une famille amie apporte un énorme gâteau, notre voisin nous offre une papaye, le curé nous donne un plein carton de cocas et les invitations à déjeuner ou à dîner se multiplient.

Trois élèves du collège voisin sèchent les cours (= jeux attendant les vacances) pour partager avec nous une spécialité qu'elles ont cuisinée


…Et à nouveau le 26 « Deuxième jour de Noël » : messe comme le dimanche.


Le dimanche 27 décembre « fête de la Sainte Famille »

Le 31 au soir, une nouvelle messe est prévue…ainsi que le 1er janvier.

Autant d’occasions de rencontrer quelques uns de nos amis papous et d’accueillir avec eux notre Dieu fait homme.

Notre petite crèche en pâte à sel nous permet d’en discuter un peu avec les enfants.

Les paquets reçus de France (merci à nos parents, merci à Oncle Louis, Tante Claire et aux cousins, merci à Maÿlis) et la visite d’Amélie et Aubin, pour 10 jours à Manokwari nous ont redonné l’énergie et l’affection que l’éloignement avait un peu pompées.

Ouverture du paquet Avent/Noël en provenance directe de la rue Bayen

Dîner de Noël avec Amélie et Aubin

respect des traditions avec nos amis

trop de cadeaux...Noël se poursuit :le 28 décembre ouverture du paquet des cousins La Roche Saint-André

(flash à 16h : la poupée a déjà son petit succès auprès de "nos" filles...qui n'en ont sans doute jamais vu)

Quelques flashes de ces aspects plus français de cette semaine…au prochain numéro !

dimanche 13 décembre 2009

Les outils essentiels du bon petit Papou


Maison d’un de nos amis papou

Pièce principale

Chambre

Pièce du fond



Nul Papou ne sortirait dans la jungle sans son arc et ses flèches, et, si nous-mêmes n’en sommes pas encore à chasser des chauves-souris ou des chiens au tir à l’arc pour nous nourrir, en revanche nombre de nos petits amis du village se réjouissent avec nous de la dernière chasse en forêt de leur papa…Les enfants ne possédant pas encore leur arc s’entraînent quant à eux à viser avec des lance-pierre. Rien de plus amusant que le bruit des pierres sur le toit de Mister et Missiz.


Un autre élément essentiel dans la vie d’un Papou, et d’un Indonésien en général, est le sarung, cette longue pièce de tissu cousue sur un côté de manière à former un cylindre, en tissu batik ou écossais. On s’en sert pour tout : serviette de toilette, drap, couverture et « pyjama ». Notons que financièrement, il vaut mieux acheter un sarung (souvent d’un mètre ou 1,5m sur 3 mètre de long) que le même tissu non cousu…


Autre outil indispensable : la machette, instrument auquel Louis s’est parfaitement accoutumé. Ses fonctions, on s’en doute, sont multiples : de la coupe du bananier (il faut couper l’arbre complètement pour qu’il donne à nouveau du fruit) au taillage d’un bambou, sans oublier la coupe d’une noix de coco. Les jeunes hommes la manient avec une dextérité impressionnante lorsqu’il s’agit de tondre l’herbe.

Louis à l’assaut des bananiers

machette (en bas à gauche)


Un élément presque nécessaire : le petit sac tissé à partir de tiges d’orchidée (la fleur nationale). On est loin du sac à main, puisqu’il ne comporte aucune poche intérieure…et qu’il n’est pas tissé bien serré…les trous sont donc nombreux. Une façon très « mode » de le porter est de le laisser pendre dans le dos, en le « tirant » par l’anse, placée sur le front.

Ses formes sont nombreuses, et ses tailles variées, mais si le modèle féminin permet le plus souvent de porter des charges très très lourdes, le modèle masculin, lui, semble tout indiqué pour y glisser son portable !


Portable qui est d’ailleurs un autre outil que chaque Papou habitant en ville…ou à proximité possède. Nous pouvons garantir à ceux parmi vous qui s’imagineraient que les Français sont extrêmement accroc à leur petit portable, que ce n’est rien à côté de la plupart de nos nouveaux amis….certains déjeuners se passent dans le cliquetis des touches, les SMS faisant ici fureur.

La tradition des « photos-photos-il-y-a-des-Blancs »…toujours avec le portable…


« Oom Marius, l’homme à tout faire de la paroisse » ou « coup de téléphone en jungle »


Les tongues, évidemment, sont très portées ici. Mais ce n’est pas non plus une obligation, certains enfants notamment trouvant plus chic et bien plus pratique de se promener pieds-nus. Vous trouvez d’ailleurs régulièrement des tongues sur les bords des chemins ou à l’entrée de chez vous ! Personne ne viendra jamais les réclamer.

Edo dans son arbre…Ah, Missiz ! c’est quand même mieux sans chaussure !



Chaton et tongue



Mais QUI est dans la salle de jeux ?


Reparlerons-nous de la machine à riz ??? :- ) Nous préciserons, en vous renvoyant néanmoins à un très instructif article de ce blog (mois de septembre ?) que cette machine est certainement beaucoup plus indonésienne que papoue.


Pour les jours de fête, le Papou sort de sa garde-robe ses ornements, dont font partie le célèbre oiseau de paradis, aux longues plumes jaune pâle et les grands colliers en perles.

Femme papoue après la danse traditionnelle

coiffe de Papou

Nous terminerons par la petite pelle en plastique de couleur vive que l’on trouve dans toutes les salles de bain indonésienne. Elle est très utile pour piocher dans le bac d’eau afin de se déverser son contenu sur la tête…elle sert aussi, évidemment, pour tirer la chasse d’eau.

La vaisselle (noter la petite pelle rouge)

PS : évidemment, une simple bassine est également assez utile.

Arrosage à la papoue


Avec ses quelques objets, vous pouvez partir à la conquête de la Papouasie !



PS : SCOOP. Ce soir dimanche, voilà que les Pères ont la joie de nous présenter des « amis » (parce qu’ici tous les Blancs sont nos « amis »… :- ) ) un couple de Russes baba-cool-reggae-cheveux-longs en voyage en Indonésie, qui, dans un objectif « petit budget » demandent asile à toutes les paroisses catholiques qu’ils rencontrent.

Bref, en les installant pour la nuit et en leur expliquant en quelques mots à quoi ressemble la Papouasie, nous réalisons ce soir ce que le temps nous avait fait oublier : en Papouasie, il n’y a pas de train, il n’y a pas de bus, il n’y a pas de route (Louis se reprend : « si, si ! Il y a UNE route, entre Manokwari et Bintuni séparées par 8 h de voiture, mais attention, il faut prendre une grosse voiture et ne pas s’y aventurer par temps humide, ce n’est pas de l’asphalte… »). En Papouasie, les gens ne savent pas parler anglais, pour voyager par trop cher il faut attendre le bateau plusieurs jours. En Papouasie, il n’y a pas de carte fiable. En Papouasie, les chambres dans lesquelles on nous installe sont vides-archi-vides, l’eau pour se doucher est froide-archi-froide et les moustiques, qui transportent toutes sortes de maladies bizarres, sont nombreux…archi-nombreux.

Bref, ce soir, on a (presque) l’impression d’être des aventuriers !

:- )

dimanche 6 décembre 2009

anecdotes papoues

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« Les clés de la bibliothèque »

Deux fois par semaine, nous donnons un coup de main au « Ressource Center » de la faculté d’anglais. Et voilà le simple petit système très pratique mis en place : chaque étagère contenant une cinquantaine de bouquins est fermée par une clé. A chacun de retrouver la clé correspondant au rayon dans lequel se trouve le livre qu’il souhaite emprunter. A tous, bon courage !

Trousseau des quelques clés de la bibliothèque


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Ici les gens ont peur de tout.

Peur des Blancs, peur du noir, peur de répondre aux questions…et peur d’en poser, peur du grand chien rouge qui habite la forêt et peur des petits lutins qui la peuplent, peur d’être seul mais peur des autres (« les Papous sont tous méchants, méfiez-vous », nous répètent-ils). Mais les enfants n’ont pas peur des chauve-souris…

Ian et sa dernière trouvaille :

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De retour à Manokwari après le jubilé « Louis !! Je crois bien qu’on s’est fait piquer nos trèfles »…et le samedi matin suivant, après la messe à la Susteran, on a pu observer 4 jolis petits trèfles rouges ornant la statue de la sainte famille…

Notre plate-bande – décembre 2009

Notre première fleur d'hibiscus (clin d'œil à Maman)


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« Tu sais écrire, Putri ? » « Oh oui, Missiz (ici les enfants n’ont PAS peur d’être très sûrs d’eux dans leurs affirmations), regarde ! »

PS : nous rappelons à ceux qui n’auraient pas lu attentivement chaque article du blog ci-présent que l’alphabet indonésien est sensé être strictement celui qu’on connaît, et que les villageois de notre kampung (quartier) n’écrivent aucun dialecte particulier

Putri écrit...!


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Nous avons eu la chance dernièrement de suivre un de nos nouveaux amis, qui est envoyé par le gouvernement dans les villages perdus pour leur installer l’eau « courante », et, peut-être l’électricité. Cette journée (2 heures chaotiques de voiture puis 2 heures de marche dans la jungle. La même chose au retour, après les quelques heures d’expertise) nous a permis d’approcher les problématiques des habitants de la forêt, et d’être un peu étonnés par certains comportements. Le gouvernement, qui installe l’eau courante est parfois prié de payer une location aux habitants dont les terrains sont traversés par un bout de tuyau… Ce n’est pas la première fois que nous entendons des histoires qui nous laissent penser que les Papous essaient de tirer tout l’argent qu’ils peuvent de ceux qui viennent les aider…

Premiers pas vers le village


On arrive au kapung (village)...c'est après la descente (plus d'une demi-heure:-/)


Maison typique papoue

Vers la rivière (ici sur le terrain d'aviation du village)

Dans la rivière pour un diagnostic : peut-on faire de l'électricité?


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Le jeudi soir, nos leçons d’anglais terminées, Louis file à Amban pour le cours de physique chez les étudiants alors que je reste (enfin ? :-)) seule et vaque, pendant près de deux heures à mes petites activités. Entre 17 et 19h, c’est un moment plus calme, plus frais, la nuit tombe et l’on risque moins d’être interrompue… sauf quand une petite fille apprend que Mister n’est pas là, ce qui est très dangereux pour cette pôôôvre Missiz.

Dewi, haute comme trois pommes mais déjà en classe 5 (CM1), commence donc à me suivre partout…je finis par m’arrêter (la règle « les enfants n’entrent pas dans notre chambre » n’étant pas si facile à faire respecter) et nous passons deux heures, à discuter tout simplement « en attendant Mister », qui remerciera chaleureusement Dewi d’avoir ainsi secouru sa Missiz ! J

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Nostalgiques, nous ?

…Putri dessine la maison de Lozère...

Les Huttes…coloriés par Putri

…en leçon d’anglais, les enfants répètent des dialogues où apparaissent certains noms pas très inglish « Hello, Laurianne, this is my new friend, Jean-Hugues ! Oh, thank you, Myriam ! And this is Aude » …

…et cette façon délicate et ferme d’être attentif à un saucisson…

le saucisson


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Le mois des lampu mati à outrance… Pendant un peu plus d’un mois une des « machines à fabriquer l’électricité » était en panne, ce qui causait chez l’aimable habitant une extinction de 5 à 6 heures à peu près 5 fois par semaine !

Louis avance son roman…


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Une dernière anecdote pour la fin, qui elle aussi donne un bon aperçu des comportements papous. Aujourd’hui nous avons observé qu’une fois de plus quelques Mama ont passé la matinée dans la cour de l’école, à jeter des coups d’œil dans la classe de leurs petits chéris : un moyen de vérifier qu’ils allaient bien ??...

dimanche 29 novembre 2009

Daaans les petit’ rues de Singapooour… !

Une petite rue de Singapour ---------------------
Retour aux grandes villes


Le 10 novembre, gros sacs (vides) au dos, nous quittons Manokwari. Chose incroyable et Dieu sait qu’il a fallu nous battre, nous avons nos billets d’avion aller ET retour en poche ! (depuis 24 heures…). Direction : Jakarta. Nous y logerons chez Vianney et Pascale, une amie rencontrée à Jogja du temps où l’on commençait notre apprentissage de la langue indonésienne. LUXE ! une maison fraîche! de l’eau chaude ! du beurre ! des rayonnages de livres ! internet plus rapide que l’éclair pourtant foudroyant de nos orages papous! Un apéro avec saucisson et alcool ! de grandes conversations…en français !
Pascale nous a réservé un accueil très attentif. Merci !
Nous passons le 11 novembre à l’université catholique Atma Jaya (12 000 étudiants !) où Madame Bernadette, professeur de psychologie (pour ceux qui ont suivi) nous a invités à venir parler de la Papouasie et de notre mission à ses étudiants. Un moment très riche, où les questions fusent. Et nous nous faisons un nouvel ami en la personne du responsable de l’aumônerie, Bowo.


A la fin de notre présentation, avec les étudiants de Jakarta, et Bowo (en bas à droite)

Le 11 novembre au soir, après une petite heure et demie d’avion, nous voici enfin à Singapour. Ville propre, organisée, aux larges avenues, aux gens pressés, aux stations de métro pleines JUSTE ce qu’il faut pour remplir le train suivant.
Le Père Nicolas, en mission à Singapour depuis plus de 50 ans, nous accueille dans la maison MEP qui regorge d’au moins 4 trésors appréciables : un Français qui aime discuter! une bonne connexion internet ! des rayonnages de romans français ! des dizaines de DVD !

Et la course des grandes villes nous rattrape. On a vu des gens courir pour avoir leur métro. On a eu du mal à suivre certaines conversations. On s’est fait des programmes minutés. On se faisait doubler dans la rue. Certains ont râlé en dépassant ces deux Français en extase devant un énorme chantier de (dé)construction. Il y avait des horaires de fermeture de magasins à respecter scrupuleusement. Personne ne nous a acclamés de « Mister ! Mister ! ». IL Y AVAIT D’AUTRES BLANCS.

La ville en qualité de port de première importance en Asie est depuis toujours très cosmopolite. Bien que située au bout de la péninsule malaise, l’île a été investie en premier par les marchands Chinois. Les Indiens, notamment musulmans, ont eux aussi fortement immigré vers Singapour où le travail et l’argent ne manquaient pas. Les Anglais qui dirigèrent et développèrent l’île entre 1819 et 1965 et bien d’autres occidentaux sont là pour le business, le plus souvent en tant qu’expatriés. Des Malais aussi habitent ici mais n’ont pas l’air aussi attachés aux valeurs de travail et d’argent. Il y a 4 langues officielles à Singapour : l’anglais, le chinois, le malais et le tamoul. L’anglais parlé dans la rue est une sorte de dialecte d’anglais appelé Singlish : parsemé de mots malais, chinois et tamoul et prononcé à l’asiatique, pas toujours facile de discuter… le malais est apparement aussi loin de l’Indonésien que le Français du Québécois…nous avons donc pu mettre à profit notre connaissance de cette langue !

Chinatown nous a surpris par sa propreté et son côté un peu « village » ; il y est difficile de discuter des prix (les Chinois calculent X fois plus vite que nos Papous… :-/)


temple bouddhiste de Chinatown

Dans le quartier indien, le fameux Mustapha nous a conquis. On y trouve TOUT : des saris aux jeux de société, en passant par les médicaments et les clés USB dernier cri. Des tissus, des fruits et légumes, des bijoux indiens et des chemisiers, tout ceci se déclinant sur toute la gamme des qualités et aussi sur celle des prix.
Sur l’Orchard Road (les champs Elysées singapourien), chaque building cache un mall (énorme centre commercial), mais c’est un peu le cas partout… On est un peu perdus dans cette folie de la consommation…et très fiers de noter que la France a pignon sur rue pour tout ce qui est luxe, cuisine et mode. Même « Carrefour » et « 5 à sec » sont bien présents !


Une rue devenue mall


Un "food court", où l’on compose son assiette dans les petits bouis-bouis du côté, puis on se trouve une place avec ses amis



Spécialité singapourienne :
la présentation des plats...en plastique dans la devanture !

Dans sa folie de la consommation et des constructions grandioses, Singapour n’en oublie pas pour autant la verdure, très présente entre les gratte-ciel. De nombreux parcs, magnifiques, dénotent agréablement avec le bitume et les pots d’échappement ; pas une rue sans palmier, pas une avenue sans ces fameux « arbres parasols ».
Deux parcs ont retenu notre attention : le parc aux oiseaux et le zoo nocturne. Dans le premier, nous avons rencontré pingouins, perroquets, flamants roses, pélicans et oiseaux de nuit. Comment oublier cette petite balade dans la jungle, avec des perruches multicolores voletant autour de nous ? ce moment dans la cage des oiseaux de Paradis…ou dans celle des chauves-souris/vampires ? Dans le second, nous nous sommes promenés sous un clair de lunes artificielles et avons observé les loups sur leur rocher, les puissants fauves de la savane, les grands yeux de la chouette et les girafes qui dominent les paysages zébrés.

Louis parle aux oiseaux


Déjeuner - certaine (s...?) sont moins rassurée que d'autres...


Toucan




De nombreuses conversations avec le Père Nicolas nous ont permis d’approcher un peu la société singapourienne et ses lois incroyables mais plutôt bien pensées:
- on n’achète pas un terrain ad vitam aeternam ; il faut le « racheter » au bout d’un certain temps (50 ans ?). Un bon revenu pour le gouvernement, et l’assurance que la terre est bien employée : il faut la rentabiliser ! C'est le cas notamment pour les églises catholiques (revenons à des sujets quotidiens...). Les premiers Curés arrivent assez facilement à acheter le terrain, notamment grâce à la vente d'une place pour les urnes des colombariums (il ne reste qu'un seul cimetière à Singapour)...mais lorsque vient le moment de racheter le terrain où se trouve son église...aïe aïe aïe!



Un colombarium
(les places les plus chères sont à hauteur des yeux)


- il est interdit de posséder de l’eau stagnante : si la police vient chez vous et découvre une larve de moustique dans un pot de fleurs, c’est 200 S$ (environ 100€). Pour la petite histoire, c’est arrivé à notre hôte : il s’apprêtait à planter des pousses qu’il avait fait tremper pendant une journée quand on sonne à la porte. Il va ouvrir, c’est la police (alertée par un voisin bienveillant ?) qui vient s’assurer que tout est en règle…et lui dresse un PV pour l’eau stagnante dans laquelle trempait ses petites pousses et qu’il s’apprêtait à jeter. Qu’à cela ne tienne : 200 S$...ça fait cher la plante !
- Il est interdit d’écrire ou de parler en public d’une autre religion en des termes désagréables.
- Le chewing-gum est interdit à Singapour ! Le gouvernement a commencé par prévenir les citoyens que s’il continuait à retrouver des chewing-gum sur les trottoirs, il agirait. Rien n’y a fait et l’importation, la production et la détention de cette matière nuisible a été interdite.




Quelques comparaisons intéressantes
- nous n’avons pas trouvé de magasin assez petit pour être comparé à notre plus grrrrrrrrrand centre commercial de Manokwari
- à Singapour l’intérieur des bâtiments est glacial alors que l’extérieur tend plutôt vers la bonne vielle chaleur tropicale : bonjour les rhumes pour les non-intiés à cette clim de malade. En Papouasie l’intérieur des maisons est de loin le plus chaud, les gens habitent directement sous la tôle qui chauffe au soleil : effet four garanti ! On a donc le choix : (chaud <=> four) ou (chaud <=> congélo), entre les deux mon cœur balance ;-)
- A Manokwari on entend les oiseaux de paradis, et on profite de leurs plumes ornant les têtes papoues lors des danses traditionnelles…à Singapour on les VOIT !

L'oiseau de paradis,
(mâle ; seuls les mâles ont ces longues plumes)
symbole de notre Papouasie


- A Singapour, aucune rencontre avec aucun chien. A Manokwari ils sont partout (le plus souvent gâleux)…jusque dans nos assiettes ! (c’est un des plats qu’ils pimentent le plus… impossible de se faire une idée du goût !!??)
- A Singap on s’oblige à préserver la nature et il existe moultes parcs, allées bordées d’arbres et jardins de toute sorte. A Manokwari on se force à faire avancer le bitume, et les routes sont (souvent) très bonnes qui s’arrêtent brutalement là où « vous devez continuer à pied ».
- A Singap c’est l’amende (salée) et la journée de travail pour le bien publique si vous êtes vus en train de manger dans le métro, ou de jeter un papier par terre… A Manokwari ? … On ne vous décrira pas les petits chemins dans la jungle, c’est trop rageant.
- A Singapour on n’est PAS content (DU TOUT) quand il pleut ! Le parapluie devient ridicule vu les flots qui se déversent sur nous. Le niveau monte. Aucune maison amie à portée de pas…à moins qu’un mall glacial ??? (mauvaise idée quand on est trempé…)
- A Singapour les enfants ne se sont pas précipités sur notre passage


Singapour by night


Le 21 novembre, gros sacs (pleins à craquer) au dos, nous rentrons chez nous. Manokwari nous accueille en la personne de notre curé venu nous attendre à l’aéroport. Les enfants nous sautent dessus, les petites sœurs nous font leur visite, le Père Eko se précipite chez nous dès le premier soir (les larmes aux yeux ?) : qu’il est bon d’être de retour chez soi
;-)