vendredi 28 août 2009

une journée d'août en Papouasie

LA MISSION


Louis et Ian






dégustation de noix de coco fraîche
:-)
Réparation de gouttière

Pour ceux qui nous entourent, tout commence à 5h… de notre côté, à moins que nous n’allions à la messe, le réveil ne sonne qu’à 6h45 et nous filons à la Pastoran pour le petit déjeuner. On y trouve riz et piment…mais aussi pain et confiture. Le choix est vite fait !
C’est l’occasion des premières discussions avec notre Curé (le Père Harsono), le père Eko et Marcelinus, le Frater (comprendre séminariste). Question typique de Louis « Y-aura-t-il la réunion hebdomadaire à 10h ? » (question judicieuse puisque ladite réunion saute une fois sur deux) « ??? tout à l’heure ??? Mais je ne sais pas encore ! ».
!!...Passons.
Après un petit bonjour à Mama, qui vient d’arriver et se met déjà à la vaisselle, nous retournons dans notre Asrama et organisons la journée…
A peine Louis s’est-il mis à son ciment et Golvine à sa peinture, un groupe d’enfants de classe 4 (environ CM1), tous hauts comme 3 pommes, déboule dans notre jardin « Mister ! Mister ! » et essaient d’inventer leurs premières bêtises de la journée : ouvrir le robinet ? jeter du plastique sur notre « pelouse » fraîchement tondue ? piétiner les fleurs que nous tentons de faire pousser malgré le soleil de plomb qui les assèche-assèche-assèche (quand pleuvra-t-il enfin ?) ?
Solution - s’ils ne finissent pas par former un petit cercle, à s’asseoir sur leurs talons et à regarder ces Blancs si différents - les occuper ! Petits jeux [Vive le scoutisme !], leçon de géographie (« non ! l’Indonésie ne comprend pas seulement 2 îles », « non, la capitale n’est pas la Papouasie ! »…), quelques mots d’anglais.
Les voilà repartis, toujours en courant.
Nous nous remettons à nos travaux manuels.
Ibu Pri, une voisine, « notre » Papoue silencieuse, s’avance doucement. Aujourd’hui c’est une banane plantain qu’elle nous offre en nous expliquant comment nous en sortir avec un fruit pareil.
A peine la peinture terminée, et 3 groupes d’enfants plus tard, toc toc toc, Suster (= Sœur) Tarsisia nous invite à déguster un jus de coco à la Susteran.
Retour à l’Asrama. Ian, environ 10 ans (mais ici la réponse à « quel âge as-tu ? » est souvent « ??!... je n’ai pas compté ! »), nous y attendait, avec une surprise. Voilà 2 jours qu’il nous décrit une plante aussi magnifique que mystérieuse : « la plante-papillon », qui se ferme la nuit, mais qui, le jour, a des feuilles triangulaires rouges et vertes. Je regarde donc la plante qu’il me tend, et sourit, touchée : il s’agit d’un trèfle variété violacée. Je m’empresse de le planter dans notre plate-bande.
Après la lessive, qui prend au moins 3 fois plus de temps qu’en France, sans compter la fatigue puisqu’il faut remplir la machine d’eau à la main… nous déjeunons (riz-poisson-riz) à la Pastoran. Ils sont désormais habitués à notre rituel du café-post-vaisselle et vont se reposer sans plus nous poser trop de questions.
Au retour des courses (nous avons désormais un petit four et souhaitons fêter dignement la Saint Louis), et alors que Louis part fabriquer ses gouttières chez Pak Herman, mauvaise surprise : je suis enfermée dehors. Le système de porte n’est pas encore…euh…tout à fait au point, puisque les loquets sont situés de part et d’autre de la porte entre la grande salle de l’Asrama et notre « aile ». Le vieux Papou mi-gardien-mi-jardinier qui habite lui aussi l’Asrama nous enferme régulièrement ou d’un côté ou d’un autre. Et il est alors tellement fier de veiller ainsi « à notre sécurité »… Bref, je fais le tour du bâtiment et parviens tout de même à entrer dans le jardin. 6 enfants m’y attendaient sagement, cahier et crayon à la main. Interdite et un peu émue, je finis par comprendre qu’ils aimeraient une leçon d’anglais (pour les Papous, la France est une ville Hollandaise. Alors, évidemment, on y parle l’anglais couramment…)… Rendez-vous mercredi à 16h, avec « tous les enfants du village qui voudront ».
17h30, brusquement la lumière s’éteint, et tout le monde s’étonne (alors que, même si certes l’heure varie, cela a lieu tous les jours, et pour plusieurs heures). Nous décidons donc d’aller goûter et rencontrons sur notre chemin l’un des 5 autres Blancs de cette île deux fois grande comme la France : Jörgen, Hollandais, avec lequel nous passerons la soirée. Quelle joie de parler avec un Européen ! On se comprend quand même vraiment mieux… même si la conversation se fera …en indonésien, toute la soirée :-)

Un dernier geste, avant de s’endormir complètement HS à 20h30 ;-) le rituel de la moustiquaire. Souriez, souriez ! Ce n’est pas si facile de s’installer (dans le noir) sous un immense morceau de tulle à coincer par terre sous le matelas et alors que chaque mouvement augmente un peu plus l’humidité de l’air ambiant...
conversation...
Cuisine à la chandelle








Suster Vitalia



lundi 10 août 2009

quelques flash

Premières vues de la terre papoue !

A Sorong, Paul et l’évêque, lors de l’incontournable et esssssssentiel karaoké

Avant la messe de bénédiction de la nouvelle église, une authentique danse papoue, dans laquelle nous avons eu l’immense chance d’être entraînés

Après une belle cérémonie de confirmation, avec un jeune couple de médecins trrrrrrrrrrrrrrrrès sympathiques (lui est jeune confirmé)

Jolie bestiole. Et nous pourrions commencer une collec’ de ces spécimens énormes (et magnifiques…euheuh…magnifiques ?)

Du haut de l’Eglise d’Amban (ville étudiante où nous aurons notre mission n°1 : « la pastorale étudiante »)

Plage de rêve…à 10 minutes en moto…

Louis et les deux séminaristes de Manokwari (dont un qui vit dans le presbytère de Saint Augustin, où nous prenons nos repas)

Nettoyage de l’immense (mais encore désert) asrama (=pensionnat) dans lequel nous sommes logés, tout près du presbytère

Louis joue avec les petits enfants qui nous visitent tous les jours

La pluie. Et Louis et « ses » enfants, derrière les rideaux. Et NOTRE bébé-bananier, à gauche.










samedi 8 août 2009

Les coutumes indonésiennes de la formalité

Sans qu’on sache encore vraiment pourquoi, il paraît évident que l’Indonésie cultive un goût particulier pour l’organisation et la formalité.
- Comment !? Mais je croyais que tout était prévu au dernier moment et que tout se décidait entre deux portes !?
Peut-être, peut-être… il n’empêche que la hiérarchie est presqu’une manie chez les Indonésiens. Chaque action engagée a son comité, chaque paroisse ses équipes d’animations etc.
Quelques exemples :
- La hiérarchie gouvernementale ou pemerintah. Du gouvernement central à la province, de la province au kapubaten, du kabupaten au kecamatan (ou district en Papouasie), du kecamatan au kelurahan, du kelurahan au rukun warga, du rukun warga au rukun tetangga et du rukun tetangga à la maison, on arrive du président indonésien jusqu’au chef de famille sans discontinuer chaque échelon ayant son propre centre, son propre chef et son organigramme très détaillé avec ses missions attitrés que vous ne manquerez de trouver en entrant dans l’un des très nombreux kantor pemerintah = bureau du gouvernement (provincial, kabupaten etc.)

- Ces derniers jours nous avons expérimenté la technique du « lapor » qui consiste à aller signaler sa présence au diverses échelons en commençant par le plus bas. Ça n’a l’air de rien et l’on vous dit qu’il n’y a pas de problème, mais apparemment, si vous recevez un ami plus de quelques jours et que vous ne le dites pas au chef du secteur vous encourez quelques problèmes !!!

Voilà pour le gouvernement. Mais c’est pareil partout. Exemple typique lors d’une réunion d’un conseil pastoral d’une pré-paroisse : bon alors qui met-on en haut de l’organigramme, et quel est son titre ?! Pour l’éducation même topo, l’organigramme de l’école trône en grand dans la salle des profs en face des portraits de SBY et de son adjoint à la présidence de l’Indonésie.
Ah oui parce qu’il y a aussi un sens patriotique ou plutôt une « liturgie » patriotique assez développée. Tous les lundis, levée des couleurs. En ce moment, les élèves tournent autour de la mission en apprenant à marcher au pas…dès le primaire ! On attend la fête de l’indépendance avec impatience le 17 Août prochain. Apparemment, tout ce qui porte uniforme se retrouve alors sur le grand terrain de la ville pour une grande cérémonie ; et comme toute organisation bien pensée possède son uniforme en plus de son organigramme ça devrait faire du monde !
J’allais oublier dans le phénomène cérémonique indonésien : les sambutan ou « allocutions » qui sont en fait de véritable discours. Notre expérience la plus malheureuse : après deux heures de messe pour la dédicace d’un église, 4 sambutan de suite (toutes les personnalités présentes doivent y aller de leur « petit » mot) ça donne pratiquement une heure de discours dont la majeure partie consiste en salutationssss en prenant bien garde de n’oublier de citer personne en ajoutant « yang terhormati » = "très respecté" après chacune des très respectées personnalités très importantes toutes autant qu'elles sont.

Voilà en vracs quelques-unes des coutumes indonésiennes les plus frappantes.